Antibiorésistance : une menace pour notre santé !
La surconsommation d’antibiotiques pour les humains et les animaux provoque une antibiorésistance, qui rend ces médicaments moins efficaces contre les bactéries.
Partout dans le monde, les mêmes problèmes se posent pour se soigner. Au “One Health Summit” qui s’est tenu à Lyon, lundi 6 et mardi 7 avril 2026, les chercheurs ont noté le recours de plus en plus massif aux antibiotiques qui provoque une baisse d’efficacité de ces médicaments. Une problématique qui touche les hommes, mais aussi les animaux. En effet, la santé des humains, des animaux et de l’environnement est interconnectée.
Les animaux consomment désormais plus d’antibiotiques que les humains.
Dans certains pays, des antibiotiques sont encore utilisés comme facteur de croissance de l’élevage, ainsi qu’en prévention. Malheureusement les lobbys de fabricants de nourriture pour animaux intègrent dans ces aliments des antibiotiques et incitent les éleveurs à les administrer de manière à protéger leurs élevages. On retrouve donc des antibiotiques dans les élevages de poulet, de porc, de vache, mais aussi dans l’aquaculture.
Au Vietnam et au Cambodge par exemple, on observe les effets de leur usage massif, souvent préventif, dans les élevages de poissons par exemple. Les antibiotiques utilisés créent presque naturellement des résistances au niveau de certaines bactéries qui touchent les poissons que l’on élève. Ces résistances au travers de gènes de résistance vont se transmettre à d’autres bactéries qui peuvent affecter l’être humain ou d’autres mammifères, en l’occurrence des animaux d’élevage…
Et chez les humains ?
Pour les antibiotiques à destination des humains, leur consommation continue d’augmenter et s’est déplacée puisqu’au départ la problématique était vraiment au niveau des hôpitaux, mais maintenant 90% des antibiotiques sont utilisés en milieu communautaire dans les populations et bien sûr dans de nombreuses régions du Sud.
Antibiotiques et pesticides : même combat !
Le phénomène s’apparente aux conséquences de l’utilisation de pesticides. Si au niveau mondial, nous ne diminuons pas l’utilisation des pesticides, des antimicrobiens, et des antibiotiques, nous allons provoquer un certain nombre de problèmes en termes de santé humaine.
Plus d’un million de décès par an à cause de l’antibiorésistance
Les antibiotiques ne sont plus assez efficaces pour nous soigner et on combat dès lors plus difficilement certaines maladies, ce qui est inquiétant.
Cette surconsommation d’antibiotiques favorise une résistance des bactéries aux médicaments. Selon les chiffres de l’OMS, c’est plus d’un million de décès directs par an par des problématiques d’antibiorésistance et 5 millions de décès qui sont associés à cette antibiorésistance par an. Cette problématique touche toutes sortes de maladies. Ainsi, une infection urinaire liée à la présence de bactéries Escherichia coli que l’on soignait par le passé très facilement, ne peuvent plus être traitées.
En cause ? Ce type de bactérie assez commune devient multirésistante et même des antibiotiques dits “superbugs » s’avèrent inefficaces pour la combattre. On ne peut donc plus soigner correctement les patients atteints de certaines maladies.
Et quelles sont les solutions?
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Informer la sphère politique
Pour lutter contre ce phénomène, il est urgent d’informer toutes les populations des risques liés au recours intensif aux antibiotiques. De même, il est essentiel de faire comprendre que l’on peut soigner sans antibiotiques !
Le problème majeur est de parvenir tout d’abord à faire passer le message et l’information aux gouvernements…
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Informer les jeunes
Ensuite, les jeunes doivent intégrer le fait que l’automédication n’est pas une solution. Le recours aux antibiotiques ne doit pas être systématique.
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Réguler la vente des antibiotiques dans les pays du Sud
Il est nécessaire de mieux réguler la vente des antibiotiques dans les pays du Sud où il est possible de se procurer des antibiotiques sans prescription d’un médecin.
Un espoir ?
La prise de conscience est en cours mais le processus est long. En Asie du sud-est (au Vietnam, par exemple), il a été possible de communiquer des données scientifiques solides aux agriculteurs et éleveurs pour qu’ils acceptent que sans le recours aux antibiotiques, leur production ne va pas diminuer. L’intervention des lobbies représente par contre, une véritable menace…
En résumé
L’usage des antibiotiques n’est pas adapté pour préserver l’efficacité de ces médicaments.
Les chercheurs interpelleront demain les décideurs politiques de 40 pays, car selon les études épidémiologiques, si rien n’est fait, la résistance aux antibiotiques pourrait devenir d’ici 2050 un fléau majeur, provoquant plus de morts que les cancers dans le monde.